Un peu d'histoire...

La mésothérapie est une technique médicale française née en 1952 grâce au Dr Michel Pistor, qui a eu l’idée d’injecter de très petites doses de médicaments directement dans la peau, au plus près de la zone douloureuse, pour un effet local et ciblé. Au fil des décennies, la pratique s’est structurée : le terme « mésothérapie » apparaît en 1958, la Société Française de Mésothérapie est créée en 1964, et la méthode est progressivement intégrée à la médecine conventionnelle, avec un enseignement universitaire et une reconnaissance institutionnelle. Aujourd’hui, la mésothérapie antalgique est utilisée pour soulager des douleurs musculaires, tendineuses ou articulaires, en complément des traitements habituels, avec l’objectif de diminuer les effets secondaires liés aux traitements généraux.

Que peut-on traiter avec la mésothérapie antalgique ?

Zone anatomiqueIndications fréquentes
RachisCervicalgies, dorsalgies, lombalgies, névralgie cervico-brachiale, sciatalgies, cruralgies, arthrose
ÉpauleTendinopathie de la coiffe des rotateurs, bursite, capsulite rétractile (douleur)
CoudeÉpicondylite (tennis elbow), épitrochléite (golfer’s elbow)
Poignet & mainTendinites (ex. De Quervain), arthrose trapézo-métacarpienne (rhizarthrose), douleurs post-traumatiques
HancheTendinopathie des fessiers, douleurs myofasciales péri-articulaires
GenouGonarthrose, tendinopathies (rotulienne, fascia lata ou bandelette ilio-tibiale, patte d’oie), entorses bénignes, périméniscite
Cheville & piedEntorses bénignes, tendinopathie (fibulaire, d’Achille), aponévrosite plantaire, douleurs séquellaires post-traumatiques
MusclesContractures, douleurs myofasciales, courbatures persistantes, lésions musculaires en récupération
AutresSyndrome algoneurodystrophique, syndromes canalaires (canal carpien au stade non chirurgical) 

Quels produits sont utilisés en mésothérapie ?

En mésothérapie antalgique, on utilise des médicaments autorisés par la HAS et l’ANSM, mais injectés à très faibles doses et localement, ce qui limite les effets secondaires généraux. Parmi les produits pharmacologiques utilisés , on retrouve des :

  • anesthésiques locaux
  • anti-inflammatoires
  • myorelaxants
  • anti-oedémateux
  • vaso-dilatateurs
  • calcitonine
  • oligo-éléments et vitamines

Il n’y a jamais de CORTISONE injectée en mésothérapie.

Les mélanges sont faits juste avant la séance selon l’indication et sont composés de 2 à 3 produits au maximum.

Les injections sont réalisées de manière superficielle (entre 1 à 13 mm de profondeur selon les zones de traitement), à la main ou à l’aide d’un pistolet de mésothérapie.

En général, trois séances sont souvent nécessaires et suffisantes pour obtenir un soulagement efficace et durable (à raison d’une séance par semaine).

Quelle différence par rapport aux infiltrations ?

La mésothérapie est une approche d’injections cutanées superficielles et micro‑dosées, tandis que l’infiltration est une injection plus profonde (souvent intra‑articulaire ou péri‑tendineuse) destinée surtout à calmer une inflammation marquée. 

L’injection

  • Mésothérapie: micro‑injections très superficielles, au niveau de la peau située au‑dessus de la zone douloureuse, sans pénétrer dans l’articulation ni le tendon.

  • Infiltration: injection profonde dans une articulation, une bourse ou autour d’un tendon, guidée vers la zone d’inflammation.

Les produits

  • Mésothérapie: mélange personnalisé de très faibles doses d’antalgiques, anesthésiques locaux, myo‑relaxants, agents agissant sur la micro‑circulation, voire défibrosants, selon l’indication.

  • Infiltration: le plus souvent à base de cortisone pour un effet anti‑inflammatoire puissant ciblant une poussée.

Les avantages de la mésothérapie

  • Sans cortisone : pas d’effets secondaires liés aux corticoïdes (glycémie, sommeil, peau, os), ce qui en fait une option intéressante quand la cortisone est contre‑indiquée ou non souhaitée.

  • Risque infectieux plus faible : injections superficielles, non intra‑articulaires ni intra‑tendineuses, avec un geste moins invasif et une sécurité renforcée quand l’asepsie est respectée.

  • Traitement au delà de l’inflammation : possibilité d’agir aussi sur la tension musculaire (effet relaxant), la micro‑circulation (effet vaso‑actif) et certaines fibroses locales (effet défibrosant), là où l’infiltration cortisonée vise surtout l’inflammation.

Quand envisager une infiltration

  • En cas de poussée inflammatoire franche (bursite, ténosynovite, synovite) nécessitant un anti‑inflammatoire profond et rapide.

  • Lorsque la cible est strictement intra‑articulaire et qu’un guidage précis est requis (par exemple la coxarthrose).

En pratique

  • Les deux techniques peuvent être complémentaires: la mésothérapie pour soulager de façon ciblée, limiter la cortisone et soutenir la rééducation; l’infiltration pour des épisodes inflammatoires sélectionnés.

  • Le choix se fait au cas par cas avec le médecin, selon la cause de la douleur, la profondeur de la lésion et le projet de soins (kinésithérapie, adaptation de l’activité, hygiène de vie).

Les effets secondaires de la mésothérapie

La mésothérapie est généralement bien tolérée : les effets secondaires sont le plus souvent légers et transitoires, et les complications sérieuses restent rares lorsque l’asepsie et les indications sont respectées.

Les effets secondaires fréquents sont :

  • Douleur ou sensation de brûlure au point d’injection, parfois avec petite induration ou papules cutanées.

  • Rougeur, prurit léger, ecchymoses ou petits saignements, disparaissant en quelques heures à quelques jours.

  • “Effet rebond” possible : majoration passagère de la douleur dans les 24–48 heures suivant la séance.

Les rares effets secondaires sont :

  • Infection cutanée au point d’injection (rougeur qui s’étend, chaleur, douleur croissante, écoulement), nécessitant une prise en charge médicale.

  • Réaction allergique aux produits (éruption, démangeaisons diffuses, exceptionnellement œdème) ; toute hypersensibilité connue doit être signalée avant l’acte.

  • Hématome important, malaise vagal, ou hyperalgie prolongée au‑delà de quelques jours.

 

La mésothérapie est par conséquent une technique sure, du fait de :

  • Injections superficielles : le risque d’infection profonde ou intra‑articulaire est nul.

  • Absence de corticoïdes dans le mélange : pas d’effets secondaires spécifiques à la cortisone (glycémie, sommeil, peau, os), ce qui constitue un atout chez les personnes chez qui ces effets sont à éviter.

  • Micro‑doses utilisées : limitation de la diffusion systémique et absence de passage par l’estomac, le foie ou les reins.